JUIN 2007

Retour sur "Visualisation des colloques"

 

 

Professeur Francis BLOTMAN

 

Centre Hospitalier Universitaire de Montpellier

Chef du service de Rhumatologie

 

 

     L’article très récent du Monde du 25 avril 2007 : “la fibromyalgie enfin reconnue” pourrait servir d’introduction à notre conférence sur cette pathologie.

     Malgré sa fréquence, environ 2 % de la population, principalement mais pas exclusivement, chez des femmes, la fibromyalgie reste, en effet, l’objet de multiples controverses sur sa réalité, sa signification. L’absence d’un test biologique spécifique, d’anomalies radiographiques la rend suspecte à de nombreux médecins qui renvoient les malades, avec un « Vous n’avez rien, c’est dans votre tête ! ». La dépression, même si elle est fréquente, n’est, en réalité, pas synonyme de fibromyalgie.

 

     Définie par des douleurs diffuses, chroniques depuis plus de 3 mois, elle y associe une constellation de multiples autres symptômes, fatigue, troubles du sommeil, colite chronique, fourmillements des extrémités, contracture des muscles avec impression de “muscles noués”, entraînant une gêne familiale, sociale et professionnelle considérable. Elle ressemble à de multiples autres maladies, rhumatismes inflammatoires chroniques (en particulier le syndrome sec), les insuffisances thyroïdiennes, etc. qui doivent être éliminées soigneusement avant que le diagnostic de fibromyalgie puisse être posé.

     La fibromyalgie est liée à un trouble de la modulation de la douleur : perception exagérée de stimulus douloureux et réponse anormale à des stimulations normalement non douloureuses (hyperalgésie et allodynie). Le point de départ de ce trouble de la perception de la douleur reste mal connu, bien que de multiples  anomalies périphériques (musculaires) et dans le système nerveux central (neuromédiateurs, système hypothalamo-hypophysaire, régulation du sommeil) aient été mises en évidence. Des anomalies psychologiques, causes ou conséquences de la douleur chronique ont été aussi décrites : dépression, anxiété, hyper -réactivité au stress, catastrophisme, peur du mouvement et de la douleur. Le handicap est également majoré par le déconditionnement à l’effort induit par les douleurs chroniques.

 

     Pathologie chronique, la fibromyalgie est de traitement difficile, nécessitant le plus souvent une prise en charge pluridisciplinaire, médicamenteuse, kinésithérapique et psychothérapique.

 

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